Archives Auteur: webmaster

Juillet 2011

Chers Amis,

Avant de prendre le large, quelques réflexions sur la poésie parue ces derniers mois. Reçue sous forme dédicacée ou acquise dans les librairies.

Marc Alyn m’envoie La Combustion de l’Ange. Poèmes 1956-2011. Préface de Bernard Noël aux éditions du Castor Astral. Je trouve le titre plutôt étrange mais, les 317 pages parcourues, suis frappé par la cohérence de l’œuvre. Ce qui s’affirme chez Alyn c’est une phrase poétique proche de la prose, en voyage vers le paragraphe complet. Il semble que les textes les plus récents « Le tireur isolé », « Le silentiaire » aient d’ailleurs franchi le seuil infime séparant le vers de la phrase. Mais ce rythme véhiculaire ne serait rien sans la matière qu’il transporte. Or le poète journaliste se tient ici au ras de la réalité, urbaine ou sociale, rédigeant des « papiers » plus méditatifs que policiers. « La nuit colle à la peau, mais la haine tient chaud en ses mailles tenaces/dans la Zup interdite où la Parque ne plonge/que pour de vastes coups de filet au profit des trafiquants d’organes./ Le lieu grouille de dieux-requins et d’anges nécrophages/De tous les coins du ciel chutent des funambules,/ des bouchers en lévitation que la Grâce, hélas, abandonne en plein vol… »

Lire la suite »

6 septembre 2011 Colloque sur Marie-Claire Bancquart, L’invention de vivre

6 septembre 2011 Colloque sur Marie-Claire Bancquart, L’invention de vivre

Dans le cadre du colloque sur Marie-Claire Bancquart, L’invention de vivre qui se déroulera du 3 au 10 septembre 2011 au Centre Culturel International de Cerisy, Jacques Darras animera une conférence à propos de « La syntaxe prosodique de Marie-Claire Bancquart », le mardi 6 septembre dans l’après-midi.

Voir le programme complet

Lire la suite »

Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE COMPLETE DE JACQUES DARRAS

I—POESIE.

Sommières (Pierre Jean Oswald, Paris l973)
Grèves (Pierre Jean Oswald, Paris l975)
La Maye. Poème en 8 chants. La Maye I. (In’hui/ 3 Cailloux, Amiens, 484 pp. l988)
Le Petit Affluent de la Maye. Poème en 4 épisodes souligné de dix gouaches. La Maye II. (In’hui/ Le Cri Bruxelles, 392 pp. l993)
William Shakespeare sur la falaise de Douvres. Poème. (In’hui/Le Cri Bruxelles l31pp. l995)
Van Eyck et les rivières, dont la Maye. Poème roman. La Maye IV. (Editions Le Cri, Bruxelles, 438 pp. Novembre l996)
Petite Somme sonnante. Soixante et Onze sonnets (Editions Mihaly, Paris, Octobre l998).
Gracchus Babeuf et Jean Calvin font rentrer la poésie avec l’Histoire dans la ville de Noyon. (Editions Le Cri, Bruxelles, 64pp. Avril 1999).
L’embouchure de la Maye dans les vagues de la Manche. La Maye III (avec des textes en traduction de Scot Érigène, Shakespeare, Bunting, MacDiarmid, Mackay Brown, 230 pp. Le Cri, Bruxelles, Décembre 1999)
Andrea Doria à Gênes avec un chat (Lanore, Paris 2000)
Moi j’aime la Belgique. Poème parlé chanté. Fragment de La Maye VII. (L’Arbalète/Gallimard 2001)
Vous n’avez pas le vertige ? Poèmes en altitude avec une rivière et des chamois. La Maye V (L’Arbalète/Gallimard, 2004)
Tout à coup je ne suis plus seul ! Roman chanté compté. La Maye VI (L’Arbalète/Gallimard, 2006)
La Maye réfléchit. La Maye VII (Éditions Le Cri/Bruxelles, 2009)

La reconquête du Tombeau d’Emile Verhaeren (Éditions Le Cri/Bruxelles, 2010)

Irruption de la Manche (Éditions Le Cri/Bruxelles, 2011)

Sommaires et réalisation des 66 numéros de la revue de poésie « in’hui » (numéros spéciaux consacrés à la poésie féminine de langue anglaise no. 9, aux poètes écossais contemporains no. l3, William Carlos Williams no. l4, Gertrude Stein no. 5 et no. 0 nouvelle série, Jean Wahl no. 40, Louis Aragon no. 45, les Unanimistes no. 46, Cid Corman no. 47, Le retour de l’épopée no. 50, Les métamorphoses du sonnet no. 53, la poésie espagnole contemporaine no. 54, la poésie américaine 1950-2000, no. 55, le vers blanc « blank verse » no. 56 etc…).

Traductions dans d’autres langues

Jean Scot Erigène
à Laon. John Scotus Eriugena in Laon. Traduction anglaise par Ruth Fainlight in « Beyond the Tunnel of History » (Macmillan, Londres l990)
Jean Scot Erigène à Laon. Giovanni Scoto Eriugena a Laon. Traduction italienne par Isabella Palumbo Fossati et Gina Labriola in « Antologia Europa » (Quaterni di Stilb, Fabio Doplicher, l991).
Choix de poèmes extraits de La Maye. Traduits en tchéque par Petr Kral (Svetova Literatura, Revue XXXVIII, Prague, l993)
An autobiography of Human Species. (French poetic visions/ English versions. Zingmagazine. September 1998. New York) traduction d’un chant de « Autobiographie de l’espèce humaine en anglais par l’auteur).
Nommer Namur, Les Chaises blanches de Vichy etc.. Traduits en russe par Olga Severskaïa (Festival International de Moscou, Septembre 1999)
Nommer Namur et autres poèmes. Traduits en italien par Vivian Lamarque et Fabio Pusterla. (Anthologie de poètes français contemporains, Octobre 1999, Marcos y Marcos, Milan Italie).
Nommer Namur et autres poèmes. Traduits en espagnol par Françoise Morcillo (à paraître chez Victor Manuel Mendiola, Mexico, 2001).
Me hago el Horizonte Fluvial. Traducccion y nota Françoise Morcillo (Ediciones El Tucan de Virginia. Mexico 2001)
Jacques two Jacques. Traduction en arabe de Hanan Kassab-Hassan (Éditions Centre culturel de Damas, Syrie 2994)
Antologia Fluvial. Prologo y traduccion de Miguel Veyrat. (Calima, Palma de Mallorca, 2006)
Cinco Cartas a Elena. Traduccion y introduccion Miguel Veyrat. (Linteo Poesia 2007)
Cinque Lettere a Helena. Traduction en italien de Viviane Ciampi. (à paraître)

II—PARTICIPATION A DES ANTHOLOGIES DE POESIE.

Le Français aujourd’hui. Choix de textes et commentaires de Daniel Delas (No. 85 Mars l989) repris dans « Aimer enseigner la Poésie » (Syros, l990)
Antologia Europea. Fabio Doplicher. (Quaderno di Stilb. Formia l991)
l20 poètes français d’aujourd’hui (Gil Jouanard, Maison du Livre. Montpellier, l992)
Quinze poètes pour mon école Anthologie.(Serge Martin, Val d’Oise, l994)
Anthologie de la poésie française contemporaine d’Alain Bosquet. (Belgique, l995).
Douze poètes pour aujourd’hui. Choix de Gérard Noiret. La Quinzaine littéraire. (No. 684. l/l5 janvier l996. Paris)
Poésie Vivante. Le texte poétique en classe de seconde. Choix réalisé par Isabelle Pécheyran
(CDDP de l’Oise, Beauvais, l997)
Figures du Poète.
(Le Nouveau Recueil. Champ Vallon. no. 46. Mars/Mai l998)
Anthologie d’expression française de poésie contemporaine (23 Poètes). (Journal Le Monde, Paris, 15 Août l998)
Orphée Studio. Poètes d’Aujourd’hui à voix haute.
(NRF Poésie Gallimard. Choix et présentation d’André Velter. Mars 1999).
Anthologie de la poésie française du XXè siècle (II) (NRF Gallimard. Choix et présentation JB Para. Avril 2000)
Poètes français en Italie
(traductions Fabbio Pusterla. Marcos y Marcos. Milan. Octobre 2000).
Poète toi-même. (Anthologie de Francis Dannemark, Le Castor Astral, 2000)
Anthologie de la poésie française du XVIIIè au XXè siècle
(Textes choisis, preésentés et annotés par Michel Collot Gallimard, La Pléïade, 2000)
Dictionnaire de la poésie française de Baudelaire à nos jours (Michel Jarety, PUF, 2000)
Le Sonnet. (Anthologie et dossier de Dominique Moncond’huy, Folioplus/GFallimard, 2005)
Poésies de langue française. Les poètes d’aujourd’hui autour du monde.
(Seghers, 2008)
Le sonnet contemporain. Retour du sonnet. (Revue Formules/Noesis, 2008)

III —-THEATRE.

La Réserve (France-Culture, l985)
Le Wagon de l’Armistice (Cahiers du Centre de Royaumont/Les Brisants, l987)
Délivrez-nous de Saint-Stéphane ou l’Impromptu de Samoreau (Maison de la Poésie, Paris, l993)
La Maquilleuse (Paris, l996)
Le Jeu de la Feuillée d’Adam de la Halle (Traduction et adaptation, Éditions Le Cri, 2003)

IV—ESSAIS.

La Forêt Invisible. Au nord de la littérature française, le picard
. Anthologie de la littérature du nord de la France depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours. (Trois Cailloux, Amiens 476 pp. l985)
Arpentage de la poésie contemporaine. Quatorze portraits-entretiens avec Robert Marteau, Philippe Sollers, Denis Roche, Yves Bonnefoy, Marcellin Pleynet Michel Deguy, Claude Royet-Journoud, Anne-Marie Albiach, John Ashbery, Allen Ginsberg, Jacques Roubaud, Pierre Oster, David Antin, etc… (In’hui/Trois Cailloux, 233 pp. l987)
Le Génie du Nord (Editions Grasset, Paris 260 pp. l988)
La Mer hors d’elle-même ou l’émotion de l’eau dans la littérature (Hatier Collection Brèves Michel Chaillou, 250 pp. l991)
Joseph Conrad ou le Veilleur de l’Europe (Editions Marval, Paris 87 pp. l992).
Progressive transformation du paysage français par la poésie I (in’hui no. 40, 92 pp. Le Cri, Bruxelles)
Verdeur dans l’âme. La Picardie (Editions Autrement, Paris l98 pp. l993)
Progressive transformation du paysage français par la poésie II. (Le Cri, Bruxelles, Décembre 1999) études critiques sur Allen Ginsberg, Marina Tsvetaeva, Jan-Paul de Dadelsen, Baudelaire et Edgar Poe etc…
Qui parle l’européen ? l’Europe dans la contrainte des langues nationales (Le Cri, Bruxelles 2001)
Nous sommes tous des Romantiques allemands. De Dante à Whitman en passant par Iena.
(Calmann-Lévy, 2002)
Allen Ginsberg. La voix, le souffle (Jean-Michel Place, 2005)
Nous ne sommes pas faits pour la mort.(Stock, 2006)
Les Îles gardent l’horizon. Marches poétiques dans la littérature de langue anglaise (Hermann, 2006)

En anglais.
Conrad and the West. Signs of Empire
. (Macmillan, Londres, l58 pp. l982)
Beyond the Tunnel of History (Macmillan Londres et The University of Michigan, Ann Arbor, l23 pp. l990)
Visions of Europe. Entretiens sur l’Europe par Richard Kearney avec Paul Ricoeur, Julia Kristeva etc… (Dublin, Wolfhound Press, l43 pp. l992).

V—ENTRETIENS

À ciel ouvert. Entretiens avec Yvon Le Men (Editions La Passe du Vent, 2009)

VI—Traductions de l’anglais et autres langues.

Lawrence Ferlinghetti. Tyrannus Nix (Pierre Jean Oswald, Paris, l977)
Alan Watts. Beat Zen, Square Zen and Zen (Pierre Jean Oswald, Paris l977)
34 poètes d’Amérique et d’Angleterre. Lorine Niedecker Laura Riding Kathleen Raine Sylvia Plath Denise Levertov Rosmarie Waldrop etc… (In’hui no. 9, Amiens l979)
William Carlos Williams. In the American Grain. Au grain d’Amérique (Christian Bourgois, Paris l980)
Treize poètes écossais. Hugh MacDiarmid Sorley MacLean Ian Crichton-Smith etc… (In’hui, Amiens l983)
William Carlos Williams. Asphodel that greeny flower. Desert Music (In’hui, Amiens l984)
David Antin. Poèmes (Royaumont Cahier des Brisants l985)
Ezra Pound. Les Cantos. Traduction collective. (Flammarion l986, Paris puis Livre de Poche deux volumes, l989)
Basil Bunting. Briggflatts et autres poèmes (In’hui/Trois Cailloux l987)
Malcolm Lowry. Under the Volcano. Sous le Volcan. (Grasset, Paris l987, Les Cahiers Rouges 2008)
David Jones. Anathemata. (In’hui/ Trois Cailloux l988)
Geoffrey Hill. Mercian Hymns. Hymnes de Mercie (In’hui/Trois Cailloux, Amiens l989).
Walt Whitman. Leaves of Grass. Feuilles d’Herbe. (Grasset « Les Cahiers Rouges », Paris, Tome I, l989. Grasset « Les Cahiers Rouges, Paris Tome II l994)
Jean Wahl. Four Anti-Quartets. (In’hui/ Le Cri no.39, Bruxelles l992)
Marina Tsvetaeva. Le poème de l’air. Traduction en collaboration avec Véronique Lossky. (In’hui/Le Cri, Bruxelles l994)
Malcolm Lowry. Choix de textes et commentaires, préfaces, traductions dont poèmes inédits (Hachette Pochothèque, Paris l300 pp. l995)
Panorama poétique de la Russie Moderne. l8 poètes à voix-basse. Traduction collective. (in’hui/Le Cri, Bruxelles, l998)
Walt Whitman. Feuilles d’Herbe. (NRF. Gallimard, 2002/ Grasset Les Cahiers Rouges 2009)
Malcolm Lowry. Poèmes complets ( Denoël, 2005)
Samuel Taylor Coleridge. Poèmes (Poésie/Gallimard 2007)
Tony Harrison. V (Le Cri :Maison de la poésie de Paris, 2008)
Ted Hughes (Choix de poèmes, avec Valérie Rouzeau, Gallimard 2009)

VII— RECOMPENSES, DISTINCTIONS

Premier français invité à prononcer les Reith Lectures à la BBC à Londres en 1989 pour la célébration du bicentenaire de la Révolution française.
Prix de poésie Apollinaire 2004
Grand prix de poésie de l’Académie française 2006

Lire la suite »

Juillet/Août 2011 Hors série Marianne/Le Magazine littéraire

Juillet/Août 2011 Hors série Marianne/Le Magazine littéraire

Jacques Darras choisit les Feuilles d’Herbe de Walt Whitman sous le titre « Un poème long comme son île » dans le Hors série Marianne/Le Magazine littéraire Juillet-Août 2011 « Les meilleures lectures de l’été »

Lire la suite »

L’émission « Par ouï dire » sur la RTBF du 13 mai 2011, avec Pascale Tison

L’émission « Par ouï dire » sur la RTBF du 13 mai 2011, avec Pascale Tison

Voilà qu’en route vers l’enregistrement de l’émission à Schaerbeek, le quartier de Bruxelles où vit Pascale, nous sommes tombés dans l’intervalle entre le quai et la rame du métro (avant qu’elle ne redémarre) comme Émile Verhaeren précisément dont nous allions parler…

Cliquez ici pour (ré)écouter l’émission

Lire la suite »

Les lundis de la contemporaine du 26 avril 2011

Les lundis de la contemporaine du 26 avril 2011

Réécoutez l’émission « Les lundis de la contemporaine » du 26 avril consacrée au Massacre de Wolfgang Mitterer,d’après l’oeuvre de Christopher Marlowe avec, pour invité Jacques Darras en cliquant ici

Lire la suite »

8 au 10 octobre 2010 Marathon des mots de Bruxelles 2010

Le Marathon des Mots de Bruxelles, dont j’assure désormais la présidence, se tiendra du 8 au 10 octobre 2010. Le programme est disponible à cette adresse : http://www.i-waw.com/

Lire la suite »

A CIEL OUVERT

A CIEL OUVERT

À CIEL OUVERT
 aux éditions La Passe du Vent

« …Il est rare qu’une amitié persévère dans le temps. Quand cette amitié a pour source et pour mobile la poésie, on est quasiment devant un miracle. Nous nous connaissons Yvon et moi depuis près de quinze ans. Depuis les premières éditions du Festival des Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Son créateur le romancier Michel le Bris, grand amateur de littérature anglo-saxonne, avait signalé à son ami Yvon ma traduction des Feuilles d’Herbede Walt Whitman. Yvon m’invita à Lannion. C’était une nuit d’hiver, à la bibliothèque municipale. Je m’attendais à ne rencontrer aucun auditeur, tant il faisait sombre et froid. Il y eut une assistance de cinquante personnes chaleureuses et cultivées. Autre miracle… » (JD)

 

Lire la suite »

TRANSPORTS IDENTITAIRES DES DEUX COTES DE L’ATLANTIQUE

Voici deux ouvrages ayant en commun la longueur. Celui de Martin Rueff fait 459 pages, celui de Jérome Rothenberg 928. Précisons que cet avertissement vise à tremper plutôt qu’à tempérer l’enthousiasme du lecteur. À quoi l’on ajoutera que l’anthologie Rothenberg demande, pour être appréciée, une bonne connaissance de l’anglais, l’essai de Martin Rueff une maîtrise approfondie de la philosophie. Affirmons enfin que quiconque ne se sentira pas rebuté par un tel préambule, tirera un plaisir égal aux deux lectures.

Lire la suite »

La Conjugaison des places amoureuses

La Conjugaison des places amoureuses

« Plus au Nord, dans une ville au-delà la frontière, existe une célèbre place au sol descendant de manière accentuée en sens oblique sans qu’aucne rivière, du côté latéral le plus incliné, commande ou justifie une telle inclinaison. C’est la folie de la communauté seule qui est responsable de cette disposition. Ici les pignons sont coiffés d’or peint à même les moulures ou sculptés en forme d’animaux tels que cygne ou chevaux ailés emportant quelque empereur à la conquête chimérique des nuages. Vue d’au-dessus, la société d’en bas, c’est-à-dire la foule sur la place, faite de touristes des quatre coins du globe déambulant au milieu des bouquets de fleurs, glaïeuls ou chrysanthèmes, ainsi que de coulons roucoulant dans leurs cages, l’œil arrondi en forme de rêve, a, en vérité, la tête en bas, cependant que son image corrigée dans le droit sens de la hauteur se promène dans la proximité des cimes, dans un hétéroclite jardin composé d’un mobilier de vasques, de vases et de statues de déesses florales ou vertumnales, pesamment immortalisées dans le marbre. Si l’on ajoute que devant telle balustrade entourant le perron de l’ancien Hôtel qui fut construit, face à la Maison Communale, par les très extravagants Grands Ducs d’Occident, rivalisant en folie et en largesse avec les bourgeois des corporations, eurent lieu directement à l’épée quelques décapitations fameuses comme celle du comte d’Egmont, on comprendra que la tête, au milieu d’un tel décor, perde très spontanément sa prééminence dans l’ordre de la hiérarchie statuaire mais aussi bien statutaire pour occuper plusieurs autres postes possibles d’excentricité. Vicerégale déléguée aux colonies lointaines, elle ouvre une vacance dont le reste du corps profite, installant une sorte d’aristocratie désordonnément égalitaire à sa place. Mais derrière cette folie de façades, comment expliquer que la Ghilde des estaminets à bières de soleil ou cafés noirs comme une prophétie, donne le sentiment d’un dilatement et d’un tournoiement de danse où chacun simultanément tiendrait la place du roi? » (extrait)

Lire la suite »