LA MAYE RÉFLÉCHIT (La Maye. tome VII)

Parution de LA MAYE RÉFLÉCHIT aux éditions Le Cri à Bruxelles (290 pages) Mars 2009
Ce septième tome de la Maye reprend Moi j’aime la Belgique (L’Arbalète/Gallimard 2001) et y ajoute quatre textes inédits.
LA MAYE RÉFLÉCHIT reprend le cours du long poème en plusieurs Cantos publiés par l’auteur depuis 1988. Il constitue le Tome VII d’un travail dont tous les tomes comprennent dans leur titre le nom de la petite rivière Maye, ultime affluent de la Somme aux portes de la Manche. Outre « Moi j’aime la Belgique ! » paru en 2001 dans la collection l’Arbalète/Gallimard et publié ici sous une forme remaniée, le livre comprend quatre textes inédits qui sont « Brève méditation sur le nom de Maastricht ou comment nous eûmes toujours mal au front en Picardie » ; « René Descartes avec Héléna Jans dans la Frise » (Helena Jans, la servante néerlandaise de Deventer avec laquelle le philosophe eut une fille) ; » Éloge du pain d’épices et autres douceurs » ; « Huit réfléchissements de la Maye » (textes en prose). La notion de réfléchissement vient se substituer plus modestement à celle de réflexion. Le jeu de la lumière et de l’eau constitue le thème de ce « vitrail » maritime de la Maye. Deux dessins de l’auteur, un pastel et une gouache, illustrent la couverture.
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les îles gardent l’horizon

Marches poétiques dans la littérature de langue anglaise aux éditions Hermann
« Sans prétendre à l’exhaustivité impossible, mais avec une précision et une clarté rare, Jacques Darras nous fait découvrir les contrées inconnues des littératures anglaises, écossaises, américaines. L’ouvrage se présente comme un parcours dont les guides sont des écrivains, surtout des poètes, parfois méconnus, que l’auteur choisi d’aborder comme des îles, des îlots. On en arpente les phrases, les vers et les textes à marches enthousiastes. ils ont pour nom Bunting, Hughes, Heaney, Larkin, Jones, MacDiarmid, MacLean, Pound, Williams, Olson, Zukofsky, etc.
Cette diaspora poétique, patiemment réunie au fil des ans par l’auteur, dessine aujourd’hui les contours d’un monde neuf. Une sorte d’Atlantide émergée de la mer. Un seuil entre l’Amérique et l’Europe. Une extension soudaine de notre sensibilité. »
Lire la suite »HAINE DE LA LITTÉRATURE
L’animateur des « Matins de France-Culture » se confie dans un récent supplément du journal « Le Monde ». Il fut pour commencer un étudiant de la filière Lettres d’une École Normale Supérieure. Laquelle ? Celle qu’on appelait naguère Saint-Cloud, du nom de la banlieue parisienne où elle était située, pour quoi ses élèves portaient le sobriquet de « cloutards ». La délocalisation de cette école à Lyon, réussie par le député et maire Raymond Barre effaça, comme par une opération du Saint Esprit, le stigmate banlieusard parisien de ses écoliers. Lesquels devinrent à leurs propres yeux comme à ceux des autres de simples et purs Normaliens. Voilà une délocalisation contre laquelle nous n’aurons entendu personne protester !
Lire la suite »LA POESIE DANS LE METRO EN PANNE
Il y a de la poésie dans le métro. Francophone cette année. Il est certain que la disposition des vers d’un Abdellatif Laabi est plus réjouissante à l’œil que les phrases succinctes qui font légende aux affiches publicitaires. « Poèmes tombés du train » dit le texte de Laabi. Choix de circonstance, assurément, mais dont le caractère typographique trop sage empêche spontanément qu’on aille le secourir. Il faut avoir soi-même une solide accoutumance à la page écrite pour aller voir de plus près le graphisme un peu maigre de ces petites échelles versifiées perdues au milieu du gigantisme des réclames. Sollicités en leur temps, Apollinaire eût manié l’affichage poétique autrement et Cendrars proposé ses sonnets « OpOetic » dénaturés, composés en 1916. Il n’est pas sûr que nous avancions beaucoup dans le train-train poétique, par comparaison.
Lire la suite »H5N1, coulé !
« Fenêtre sur Cour » paru dans Aujourd’hui Poème numéro de la rentrée en Avril 2006
Allons-nous devoir apprendre à jouer à la « bataille virale » ? La manière dont le code scientifique désignant la grippe aviaire se répand depuis quelque temps dans nos journaux nous transforme à notre insu en protagonistes d’un combat tout à la fois épique et puéril.
Lire la suite »Nous ne sommes pas fait pour la mort

Parution le 14 Mars 2006 dans la collection l’autre pensée aux éditions Stock.
Je sais que je vais mourir. J’espère « savoir » mourir. Je ne sais pas ce qu’est la mort. La mort n’est pas de l’ordre du savoir mais de la spéculation, nourrie par une épreuve chaque fois unique, chaque fois répétée. « Après la première mort il n’y en a plus d’autre », lance le poète Dylan Thomas. Mes poètes – anglais, surtout – n’ont pas peur de la familiarité avec la mort. Mais que peut-on espérer des philosophes comme Heidegger qui nous clouent désespérément à l’horizon de notre propre mortalité ? Pour la première fois depuis des siècles, nous vivons dans une non représentation de la mort. Par scepticisme, athéisme, matérialisme ou « modernisme » affichés. Combien de temps croyons-nous pouvoir encore tenir dans un tel désert ? Ne plus imaginer la mort c’est accepter, de fait, la mort de l’imagination. C’est mourir à la vie de notre vivant. La question adressée par ce livre à la philosophie, à la religion et à l’art est une affirmation joyeuse du rôle dévolu à la poésie en temps de détresse.
Lire la suite »DIEU ET LE RIRE
Fenêtre sur Cour » paru dans Aujourd’hui Poème numéro de mars 2006
Bien sûr, vous voyez tout de suite de quoi je veux parler. Or justement, je n’en parlerai pas. Pas directement tout au moins. Il n’y a plus rien à dire lorsque les positions des uns et des autres nourrissent un tel brouhaha. Avant la guerre des civilisations, il y a la guerre des paroles. Or nous sommes manifestement entrés aujourd’hui dans une phase de phrases armées. S’il y a le moindre espoir de les désarmer, c’est en changeant de terrain.
Lire la suite »Tout à coup je ne suis plus seul

Roman chanté compté « Tout à coup je ne suis plus seul » Gallimard Collection l’Arbalète
Ce roman chanté compté suit le héros Laurence Sterne d’Irlande en Picardie, de Champagne en Allemagne et au Pays-Bas. C’est un nouveau voyage sentimental qui tourne le dos à l’Amérique et explore le lien entre la courtoisie médiévale (le roman de la rose) et la légèreté baroque du XVIIIè siècle, (Bach et Mozart), posant une figure européenne encore à venir.
Ce quatrième volume dans la série de la Maye est le symétrique de van Eyck et les rivières
1.
Je m’appelle Laurence Sterne.
Mon nom sonne Français.
Laurence en français est féminin.
Sterne aussi est féminin.
Sterne est l’hirondelle de mer.
Je suis hirondelle de mer.
Je vole au ras des vagues de la Manche ou de la mer du Nord.
Je zigzague sur les crêtes et les creux de la langue.
J’appartiens à la faune phonétique migratrice.
Sterne veut aussi dire les étoiles en allemand.
Je suis une petite hirondelle de mer naviguant selon les étoiles.
Joli n’est-ce pas ?
Antologia Fluvial

Dans le courant du mois de Novembre 2005 paraît en espagnol aux éditions Calima à Madrid, dans la traduction du poète Miguel Veyrat, une anthologie des poèmes de Jacques Darras, sous le titre Antologia Fluvial
Introduction :
POETA, FILÓSOFO Y TROVADOR DE LA NUEVA EUROPA
Jacques Darras ha fundado una forma de vida poética bautizada en uno de sus versos deslumbrantes como poème parlé marché, que hubiese hecho las delicias de Antonio Machado. Poema hablado que hace camino al andar, que canta poesía hablando. Filólogo enamorado de los ríos, toma de la metáfora de las aguas subterráneas -de donde nacen hontanares que son luego alfaguaras, devienen ríos, cataratas y cauces torrenciales o plácidos y serenos-, la esencia de su poesía. Como las lenguas, cree Darras que los ríos no reconocen fronteras y penetran y enriquecen con sus limos los países que cruzan, al igual que los trovadores crearon las lenguas europeas en su ir y venir llevando noticias, poemas y canciones en la bellísima lengua latina, inalterable hasta entonces.
Lire la suite »PARIS, LONDRES, OLYMPIE
« Fenêtre sur Cour » paru dans Aujourd’hui Poème numéro de la rentrée en Septembre 2005
La succession d’évènements ayant touché Londres, au début du mois de Juillet 2005, aura eu la pureté d’une tragédie grecque. Le mot « pureté » pourra certes paraître osé. Voire totalement déplacé. Mais l’émotion soulevée par les attentats et amplifiée par les médias, a eu le temps de s’exprimer. De s’épuiser. L’événement a pris place dans la distance. Or pour éminemment politique qu’elle soit, sa signification est d’abord dramatique.
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